Affichage des articles dont le libellé est stupid parents. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est stupid parents. Afficher tous les articles

lundi 21 novembre 2011

The proud assistant, part 2 : the prouder assistant

Dans une année de 365 jours (ou 366), il y a les jours normaux, et puis il y a les jours où on se sent fier de soi. Mais vraiment fier. Je parle de la fierté que l'on ressent quand on fait une bonne action qui a des répercussions telles qu'elle peut changer la vie de quelqu'un.

C'est la fierté que j'ai ressentie ce soir en décrochant le téléphone.

Au bout du fil, ma mentor :

"J'ai reçu un coup de fil de la responsable des "special needs" (étudiants handicapés) et apparemment les tests passés par R. montrent de grandes difficultés dans plusieurs domaines qui englobent la lecture et l'écriture. Elle est très impressionnée que tu aies repéré sa dyslexie aussi vite alors que son handicap remonte à très longtemps. Grâce à toi, R. pourra avoir du temps supplémentaire dans tous ses examens et un soutien adapté à sa condition. Donc voilà, je t'appelais pour te remercier."

...

...

...

You're welcome!!

Ceci dit encore une fois, je me demande ce que les parents ont fichu dans cette histoire, d'autant que j'ai appris dans ce coup de fil qu'ils étaient tous les deux médecins...ce qui rend leur excuse de "mais l'école n'a rien dit, on ne savait pas" encore plus moisie. Renseignez-vous, c'est votre travail for fuck's sake !

Sur cela, je m'en vais célébrer ma BA du jour sur cette chanson :


mercredi 16 novembre 2011

The proud assistant

Je vous parlais il y a très peu de temps de ce gamin dyslexique et de ses parents un peu coincés.
Il se trouve que So. a contacté la mère, non sans anxiété et s'attendant à une discussion très animée.

Au lieu de ça, mes doutes ont été accueillis avec du soulagement et même des remerciements (!). En gros, la mère se doutait de quelque chose depuis des années, et s'était toujours demandée pourquoi son professeur de primaire n'arrivait pas à le faire lire correctement. "Comme l'école n'a rien dit, je n'ai pas été plus loin..." (fucking great parenting right there!)

Le gosse a quand même dix-huit ans maintenant, et je suis légèrement scandalisé de constater que pendant cette période, aucun des parents n'a jugé nécessaire de faire passer des tests au pauvre R., alors qu'il m'a suffi de 15 minutes seul avec lui pour constater le problème ! Une brève visite chez l'orthophoniste aurait sûrement fait l'affaire, mais au lieu de ça, les parents ont jugé préférable de rejeter la faute sur les profs (ma mentor en particulier), en s'appuyant sur le fait que si le frère a si brillamment réussi, pourquoi pas lui ?

Ah, mais je m'égare. L'important c'est que si le diagnostic est officiellement établi, R. pourrait obtenir un tiers temps supplémentaire pour passer ses A-levels (l'équivalent du bac) et que cela n'apparaîtra pas sur ses bulletins de notes. De quoi satisfaire le rêve des parents de voir R. accéder aux grandes universités sans mention administrative de sa potentielle dyslexie.


Vous pensez que j'ai le droit de me sentir un peu fier ?

...


...


...


Allez, oui.

Merry happy tune :




samedi 12 novembre 2011

"My kid is not failing : you are failing him!"

UPDATE : pour connaître le fin mot de l'histoire, cliquez ici :)

***

Article d'origine :

Cette semaine, j'ai eu ma seconde session avec un étudiant de Y13, que nous appellerons R.

Il doit me lire son papier sur le dopage dans le monde du cyclisme (auf Fransözisch bien sûr). Alors qu'il s'exécute non sans mal, je remarque de curieuses difficultés : ce jeune homme semble en effet remplacer compulsivement certains mots par d'autres, souvent de la même famille, mais tout de même bien différents de ce qui est écrit sur sa feuille.

Au bout de quelques paragraphes de ce manège, je l'interroge : a-t-il un historique de dyslexie ou de quelque difficulté de lecture qui pourrait expliquer ce phénomène ? "J'ai parfois du mal", dit-il en hochant la tête, sans toutefois confirmer un quelconque diagnostic officiel. Je l'aide et le reprends tant que je peux pendant le reste de la session, mais le pauvre semble être un peu perdu.

Après ça, je décide d'aller parler de R. à So. (ma mentor) et M., la responsable des Y12 et Y13. Dès que je prononce son nom, je vois les deux femmes échanger des sourires quelque peu narquois. "Il est un peu lent comme gamin, c'est difficile de travailler avec lui. Son frère est un étudiant brillant et ses parents veulent absolument que R. suive la même voie en allant à Oxford, mais vu ses résultats, ça ne risque pas d'arriver."
Je leur explique ce que j'ai constaté chez R., et la conversation prend un tour un peu plus sérieux : apparemment, les symptômes se retrouvent en classe entière : R. a vraiment une tendance à aller chercher des mots là où ils n'existent pas, et a des difficultés avec l'orthographe. Et si la dyslexie était vraiment la source du problème ? Je fais une recherche Google et apprends que la dyslexie est un trouble de l'apprentissage qui n'a aucun rapport avec l'indice de QI, et qui peut être difficilement détectable en fonction des circonstances. Je sens que je tiens quelque chose, et je fais part de mes pensées à So.

Elle m'explique que parler aux parents pourrait se révéler difficile: "Ce sont de vraies plaies, ils ne sont pas prêts à accepter que R. puisse avoir des problèmes d'apprentissage. Ils supposent automatiquement que son frère et lui sont brillants au même degré, et donc quand les notes tombent, la faute est automatiquement dirigée contre nous, les profs.  Je compte leur en parler pour qu'ils lui fassent passer des tests, mais il va falloir négocier ça avec prudence. La partie sur le QI est importante, parce qu'il faut insister sur le fait que si leur fils est bien dyslexique, ça ne fait pas de lui quelqu'un de stupide."

Voilà ce qui m'attriste un peu dans l'éducation aujourd'hui, d'après ma maigre expérience : les parents pensent tout savoir mieux que tout le monde, et l'univers de l'éducation se "politise" de plus en plus à cause de ça. On essaie de plaire à tout le monde, et surtout aux parents des gosses de riches, pour au final se retrouver traînés dans la boue parce que Junior n'est pas foutu de (ou, dans ce cas, ne peut pas) réviser correctement, et que la méthode du prof ne leur convient pas, ou je ne sais pas quelle excuse moisie.

Les profs ont perdu cette autorité qui devrait leur être dûe, c'est à dire le droit d'attribuer aux gamins les notes qu'ils méritent, plutôt que celles que les parents aimeraient voir sur le bulletin.

Vous voulez que votre gamin aille à Oxford ? Eh bien veillez sur lui, mais par pitié laissez les profs faire leur boulot.

Sur ce, je vais arrêter de parler comme le vétéran aigri que je ne suis pas, et vous laisser sur cette chanson, dont le refrain colle curieusement bien avec le contexte de cet article.

 You could have been number one
But you blew it away