mercredi 11 janvier 2012

Comment ralentir le temps (vraiment!)

   « C'est quoi l'arnaque ? » vous vous dites en lisant ce titre. Eh bien, à part le fait que ma formulation vaguement sensationnaliste n'est pas tout à fait exacte (« comment gagner du temps » aurait été plus précis, mais aurait eu moins de punch), il n'y a pas d'arnaque.

   Je suis souvent impressionné par le nombre de gens qui disent qu'ils n'ont pas le temps de faire ci ou ça, parce qu'ils ont trop de boulot, parce qu'ils ont une famille, parce que leur chien est malade, parce que, parce que.
   Mais ce qui m'impressionne le plus c'est à quel point je m'identifie aux gens qui disent ça (même si mon boulot est à temps partiel, que je suis célibataire et que je n'ai plus de chien. RIP Punky).

   Le temps est toujours comme un courant d'air. J'ai toujours l'impression de rater quelque chose, de me dire « j'aurais pu faire ça au lieu de procrastiner » ou même « j'aurais pu procrastiner au lieu de faire ça ».

   Mais c'est vrai que le temps passe trop vite. D'où ça vient ?

   Le scientifique jeune homme qui sait utiliser Google, va tenter de vous répondre.

   La première cause de ce phénomène à mon humble avis, c'est qu'à partir de l'adolescence, nous percevons effectivement le temps de manière plus rapide. La théorie la plus acceptée concernant ce phénomène semble être qu'un cerveau d'enfant enregistre beaucoup de nouvelles expériences, faisant fonctionner le cerveau à un rythme supérieur à celui d'un cerveau d'adulte, et créant l'illusion d'une période de temps plus longue car mieux remplie que les journées ennuyeuses des grands.

   La deuxième cause est à chercher du côté d'un fun fact que j'ai entendu dans une vieille émission de Télé Shopping il y a environ dix ans (je cherchais les dessins animés, promis !), et qui m'a marqué : nous passons en moyenne un quart de notre vie à dormir.

   C'est de cela que je veux parler aujourd'hui, et là je vais peut-être vous apprendre un truc : le sommeil monophasique (la nuit de sommeil basique où l'on dort huit heures, quand on se couche le soir pour se réveiller le lendemain matin) n'est pas la seule manière valable de dormir.

On m'aurait menti ?! Manque plus que le thème d'X-files...

   Certaines personnes pratiquent le sommeil biphasique, qui consiste en une nuit plus courte et une sieste de 20-30 minutes l'après-midi.

   Jusque là, pas grand-chose de nouveau.

   Seulement, il y a aussi de rares fous-déjantés qui s'essaient au sommeil polyphasique (plus de deux phases). Cela consiste à mettre au placard le concept de « nuit de sommeil » et à dormir par tranches de vingt ou trente minutes, respectivement toutes les six heures ou toutes les quatre heures, selon le programme que l'on choisit. Ces fous-déjantés incluent : de nombreux animaux, les skippers, certains militaires, et (à prendre avec de grosses pincettes) Léonard de Vinci et Thomas Edison.
   Le programme Uberman est le plus utilisé, et nécessite six siestes de vingt minutes toutes les quatre heures. Le programme Dymaxion quant à lui, requiert quatre siestes de trente minutes toutes les six heures.

   Quel que soit le programme que vous choisissez, en pratiquant le sommeil polyphasique, votre total de sommeil s'élève donc à l'incroyable chiffre de...deux heures par jour.
   Oui, vous avez bien lu : le but est de rester éveillé vingt-deux heures sur vingt-quatre et faire régulièrement des siestes, sans jamais dormir plus de 30 minutes d'affilée.
   Je sens les gros dormeurs s'insurger devant leur écran et se poser une question somme toute extrêmement légitime :

Comment ?!

   C'est relativement simple. Le sommeil standard est composé de cinq phases distinctes, la cinquième phase étant la phase REM (sommeil paradoxal), qui dure en moyenne une heure trente dans une nuit et pendant laquelle nous rêvons. C'est aussi la phase du sommeil considérée comme étant la plus importante car c'est celle qui s'occupe de restaurer notre forme.
   Uberman conditionne le cerveau pour entrer directement dans la phase REM du sommeil et en sortir automatiquement, sans même avoir besoin de réveil après la phase d'adaptation.

   Le principal problème avec Uberman, c'est justement cette phase d'adaptation. La première semaine a été décrite par certains comme l'impression de se faire passer dessus par un camion. A répétition. Car pour s'adapter, le cerveau doit d'abord passer par une période de manque de sommeil extrême. Il n'y a pas de procédure particulière pour commencer à dormir avec Uberman. Soyez un warrior, et la prochaine fois que vous allez vous coucher, réglez votre réveil pour qu'il sonne (de préférence assez fort) vingt minutes plus tard. Puis, quatre heures après, répétez l'opération et ainsi de suite.

   A quoi ça sert ?

   Ca je pense que vous l'aurez deviné...en partie. L'intérêt premier, c'est bien sûr de gagner du temps. Si l'on suppose que vous êtes en bonne santé et que vous faites vos huit heures de sommeil monophasique par nuit, alors vous gagnerez six heures chaque jour en utilisant un programme polyphasique. Ce qui est un gain incommensurable
Les premiers bénéficiaires de cet avantage sont bien sûr les étudiants qui ont beaucoup de boulot, et les artistes qui veulent multiplier leur productivité par douze.

   Pour les autres, adapter un tel programme peut se révéler plus compliqué, parce qu'il y a de grandes chances que si vous avez un job à plein temps, vous ne pourrez effectuer vos siestes.

   Et rater une sieste, ça fait mal. Un des inconvénients (le plus gros en fait) du sommeil polyphasique est que déborder de plus d'une heure de votre programme habituel peut vraiment vous mette K.O pour la journée à venir. Si l'on suppose que vous choisissez Uberman (6 X 20 minutes), vous devrez trouver un endroit où dormir toutes les...quatre heures. A ce niveau-là, votre vie sociale risque d'en prendre un coup.
Le programme Dymaxion (4 X 30 minutes) semble plus flexible, puisque vous ne vous reposerez que toutes les six heures. Mais ça peut tout de même faire très juste.

   Maintenant que nous avons parlé du principal défaut du sommeil polyphasique, revenons aux avantages.

   Vous avez tout le temps du monde à votre disposition. Donc vous pouvez faire plus de choses, apprendre, vous cultiver, faire de la marche la nuit pendant que tout le monde dort, ce que vous voulez.
   Mais beaucoup d'adeptes d'Uberman rapportent aussi une pensée généralement plus claire (pas de chansons dans la tête ou de pensées répétitives qui viennent troubler la concentration), des réflexes accrus et une créativité exacerbée (en relation avec l'absence de pensées parasites). 

   Le temps semble s'écouler beaucoup plus lentement (ben oui, vous êtes éveillé six heures de plus qu'à la normale) et les jours ne ressemblent plus à des périodes de temps bien définies, mais plutôt à un long flux ininterrompu (dit comme ça, ça fait peur, donc ça peut être classé dans les inconvénients^^).
  Additionnellement, les rêves semblent beaucoup plus réels et faciles à retenir au réveil, et de nombreuses personnes ont rapporté des occurrences de rêves lucides (quand vous savez que vous êtes dans un rêve et que vous pouvez contrôler ce qui s'y passe).

   Malgré les nombreux effets positifs du sommeil polyphasique, les désavantages sont évidents : une certaine discipline est à observer concernant les siestes, et vous vivez le jour comme la nuit, en décalage complet avec le reste du monde (encore une fois, si vous êtes du genre über-social ou que vous tenez à votre moitié, oubliez Uberman immédiatement, à moins que votre moitié soit prête à faire des compromis ou à l'essayer avec vous).

   Enfin, et c'est plutôt surprenant, aucune étude médicale n'a réellement été menée pour déterminer si oui ou non, le sommeil polyphasique peut être dangereux pour la santé à long terme. En tout cas, les résultats à court terme ont l'air plutôt concluants pour ceux qui réussissent à dépasser le premier mois d'adaptation, et certaines personnes disent même qu'elles recommenceraient à dormir en suivant un rythme polyphasique si leur travail le permettait.

   Donc voilà. Use with caution comme dirait la pub.

Bien entendu, j'ai une furieuse envie de tenter l'expérience, rien que pour savoir ce que représente une journée de 22 heures et le sentiment d'avoir tout le temps du monde à ma disposition.

Si je m'y mets sérieusement, je documenterai ça ici-même.

En attendant, je vous laisse avec ces quelques liens plutôt instructifs, en anglais et en français (c'est de là que je tire les témoignages dont je parle dans l'article).




Tune of the day (les féministes ne se remettront pas du clip, mais cette ligne de basse est légendaire) :


jeudi 29 décembre 2011

Time to revive this blog!

   Il y a quelques jours, quelqu'un a posté un commentaire me demandant si mon blog était mort.  
   It is not !

   Mon petit espace personnel a juste subi un long hiatus dû à des circonstances accidentelles incluant notamment :

   - La flemme

   - …

   Voilà voilà. Circonstances, circonstances !

   Au passage, un grand merci à tous les gens qui m'ont encouragé à continuer ce blog. Ca demande parfois du travail au niveau de l'écriture et du formatage, mais ça m'amuse beaucoup. Parfois la flemme l'emporte, mais heureusement ma poignée de fidèles lecteurs est là pour me faire bosser !


La cathédrale de Cologne
   J'ai quelques trucs à vous raconter, notamment un voyage en Allemagne épuisant (avec une centaine de gamins et seulement sept accompagnateurs), et la générosité de mes profs à mon égard à la période de Noël.

   Cependant, aujourd'hui c'est le 29 décembre, et il se trouve que c'est un jour un peu particulier. Il y a 3 ans jour pour jour, c'était le moment de mon premier baiser (pour ceux qui me suivent sur Facebook : je vous avais dit que ce pavé serait croustillant).

   Alors, ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, je suis d'accord. Ceci dit, ce fut un jour assez spécial pour moi, et il devrait se révéler assez drôle pour vous autres, puisque je me suis rendu à mon rendez-vous sans une once de l'humour ravageur et du charme british de l'assurance qui me caractérise aujourd'hui.

   Je me souviens du rendez-vous à Saint-Michel et de mes cinq minutes de retard (allez peut-être dix). Nous nous étions rendus dans cette délicieuse petite pâtisserie à Odéon et pendant pas mal de temps, elle m'avait parlé de ses projets d'avenir dans un jargon d'universitaire que je ne comprenais encore qu'à peine. Pour la première fois de ma vie, j'avais mis une chemise parce qu'elle avait mentionné qu'elle aimait bien les mecs en chemise. Avec le recul, je trouve la chemise pas terrible et la matière désagréable au toucher, mais bref. C'était une chemise.

   Elle me parlait et moi je me tenais là, silencieux sur ma chaise, l'air faussement détendu, en réalité me creusant la tête pour trouver quelque chose d'intéressant / drôle / génial à dire. Et rien ne sortait, peut-être précisément parce que je me creusais trop la tête pour essayer de l'impressionner. More on that later.

   Il y a eu un moment de silence, et là elle m'a demandé : « qu'est-ce que tu attends de moi exactement ? ». J'ai esquissé un sourire nerveux, et j'ai sorti « la même chose que toi, j'imagine ».

   Puis on s'est pris la main au-dessus de la table et je me suis dit « today is the day ».

Nom de Zeus ! Il l'a fait !
    Et puis sous le coup de l'adrénaline, j'ai commencé à trembler de tout mon corps, tel une personne atteinte de la maladie de Parkinson (je réalise tout à fait le mauvais goût de dire une chose pareille en-dessous d'une photo de Michael J. Fox. Bless him). J'imagine que ça devait être le résultat d'une combinaison d'excitation et de peur. En fait, je me demandais si ce que j'étais en train de vivre était bien réel. En passant par les toilettes, je me suis contemplé dans le miroir et je me suis demandé comment j'avais bien pu attirer les faveurs d'une fille dans cet état. Peut-être qu'elle avait pris pitié de moi. Je me suis parlé un peu devant la glace, comme dans les films (« reprends-toi Alex »), avant de ressortir des W.C aussi tremblant que j'étais venu.

   Finalement on a fait le tour de Saint-Michel, main dans la main, puis je l'ai raccompagnée et on s'est embrassés.

  Si je vous parle de ça, c'est parce que j'ai géré ce rendez-vous de manière absolument catastrophique, un peu comme les autres que j'avais eus avant (et que je ne préfère même pas évoquer).
   
   La nervosité dans ce genre de situation a un effet pervers sur moi : elle me conduit à essayer d'être quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus drôle, de plus intéressant que je ne le suis en réalité.
   L'effet que ça a durant mes rendez-vous ? Soit je parle trop pour ne rien dire, soit je me tais en attendant de trouver quelque chose de particulièrement brillant à sortir. Le résultat dans les deux cas : je passe sûrement pour un gros lourdingue.

   Or il se trouve que j'ai récemment eu une épiphanie : toutes ces qualités que j'essaie désespérément d'émuler, je les possède déjà.


Appelez une ambulance ! Crimsy se laisse étouffer par sa modestie !

   Hé, pas si vite ! S'attribuer des qualités que l'on ne possède pas est une chose, savoir reconnaître celles que l'on a en est une autre. Pendant des années (la période bénie de mon adolescence notamment), je me suis laissé dire que je mourrais seul et que personne ne viendrait secourir mon âme esseulée. Avec une mentalité pareille, c'est sûr qu'on ne peut pas aller loin dans la vie. 

   L'expérience qui m'a finalement fait réaliser ces erreurs de jeunesse n'est autre que la raison d'être de ce blog : l'assistanat.
   Les personnes formidables avec qui je travaille m'ont fait réaliser que je valais quelque chose, et les compliments des élèves par derrière ont contribué à cela. Je ne dis pas que mes amis n'ont pas essayé, désespérément parfois, de me secouer et de me dire ces choses-là, mais c'est seulement maintenant que je peux voir des preuves tangibles de ce qu'ils avancent, que ce soit à travers la boîte de chocolats envoyés pour Noël par les parents du gamin dyslexique (achetés chez Betty's s'il vous plaît) ou dans le regard étonné des locaux anglais quand ils apprennent que je ne suis, en fait, pas du coin, ou dans le sourire de mes élèves au détour d'une blague bien placée.

Alors voilà, je suis drôle, altruiste, je parle un anglais particulièrement bon, et je sais rire de moi-même. Bon, je suis aussi un sac d'os, j'ai un grand nez bossu et une dent de travers. Mais ça, il va falloir faire avec.

Alors si vous vous sentez déprimé en cette fin d'année 2011, si vous trouvez que vous ne valez rien, pensez-y à deux fois avant de commencer l'année 2012. Après tout, c'est censé être l'année de la fin du monde, alors autant l'aborder de la manière la plus positive possible.

Merry Christmas and Happy New Year to all of you!
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CORNY ARTICLE : OVER

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Tune of the day, to feel the power :


lundi 21 novembre 2011

The proud assistant, part 2 : the prouder assistant

Dans une année de 365 jours (ou 366), il y a les jours normaux, et puis il y a les jours où on se sent fier de soi. Mais vraiment fier. Je parle de la fierté que l'on ressent quand on fait une bonne action qui a des répercussions telles qu'elle peut changer la vie de quelqu'un.

C'est la fierté que j'ai ressentie ce soir en décrochant le téléphone.

Au bout du fil, ma mentor :

"J'ai reçu un coup de fil de la responsable des "special needs" (étudiants handicapés) et apparemment les tests passés par R. montrent de grandes difficultés dans plusieurs domaines qui englobent la lecture et l'écriture. Elle est très impressionnée que tu aies repéré sa dyslexie aussi vite alors que son handicap remonte à très longtemps. Grâce à toi, R. pourra avoir du temps supplémentaire dans tous ses examens et un soutien adapté à sa condition. Donc voilà, je t'appelais pour te remercier."

...

...

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You're welcome!!

Ceci dit encore une fois, je me demande ce que les parents ont fichu dans cette histoire, d'autant que j'ai appris dans ce coup de fil qu'ils étaient tous les deux médecins...ce qui rend leur excuse de "mais l'école n'a rien dit, on ne savait pas" encore plus moisie. Renseignez-vous, c'est votre travail for fuck's sake !

Sur cela, je m'en vais célébrer ma BA du jour sur cette chanson :